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Lisbonne et le Tage

Lisbonne et le Tage

Située sur la rive nord de l’estuaire du Tage, Lisbonne s’est développée en dépendance directe du fleuve et de la mer, qui ont toujours été les principales voies de communication. C’est le fleuve qui a permis d’apparaître, en haut de la colline du château, la première colonie dispersée et a attiré des peuples tels que les Phéniciens, les Grecs et les Carthaginois, qui sont venus ici pour faire du commerce. D’autres peuples ont suivi, parmis lesquels les Romains et plus tard les Wisigoths, jusqu’à l’arrivée des Maures au VIIIe siècle.

Pendant l’occupation romaine, la ville de «Felicitas Julia Olisipo» (Lisbonne) devient un important «Municipium» Romains, au 1er siècle A.D, avec Julius Caeser, en raison de son port, garum (espèces de condiment à base de poisson), vin et chevaux. Il convient également de noter, qu’il s’agissait d’un point de passage de 4 voies romaines, 3 pour Mérida (dans l’Espagne actuelle, étant cette capitale de la province de Lusitanie) et 1 pour Bracara (ville actuelle de Braga). À ce peuple est dû la construction d’une usine de salage de poisson, celle-ci, étant capturée dans les eaux de Lisbonne et de Troia, et plus tard salée avec le sel de Setúbal et envoyée au reste de l’Empire, dans de splendides amphores. Le sel, est aujourd’hui l’une des ressources naturelles du pays, et sa principale exportation depuis le Moyen Âge, existant en grand quantités à l’embouchure des principaux fleuves portugais.

À cette époque, le Tage avait deux affluents importants: l’un déboucher sur l’Avenue Almirante Reis et l’autre vers l’Avenue da Liberdade, toutefois transformé dans un petit ruisseau, maintenant inexistant.

La ville romaine de Lisbonne, avait un fórum, des temples, des spas, des villas, des théâtres, un cirque et des cryptoporticos, ces derniers constituant de véritables villes dessous terre, consistait en une galerie souterraine, c’est-à-dire, une structure qui était utilisée pour niveler le terrain et installer les bâtiments, éliminant la pente de l’endroit où le fórum serait construit. D’une certaine manière, c’était comme s’il s’agissait d’un monument, d’environ 5 mètres de haut et 10 mètres de large, d’extension variable.

Comme les peuples précédents, de même que les Maures se sont installés ici au cours des 4 siècles, ils ont appelé la ville « Lixabona » ou « Al-Uxbûna ». En raison de leur permanence, ils ont favorisé l’aménagement urbain du quartier d’Al-hama, en développant de petites rues sinueuses, des ruelles étroites et des terraces familiales situées sur la colline. Lixabona a prospéré grâce à son or, son argent, ses terres fertiles, ses eaux thermales à Alfama, son air pur et ses nombreux poissons. La ville mauresque avait des murs et plusieurs portes, ayant la porte principale de somptueuses colonnes de marbre. C’est dans cette région, que la population mauresque la plus aisée a érigé ses maisons nobles.

La transformation de Lisbonne en centre du monde, remonte à l’âge d’or des découvertes portugaises, aux XVe et XVIe siècles, en raison des biens et des richesses apportés en Europe, provenant des colonies portugaises basées en Afrique, en Inde et au Brésil, telles que les épices, les tissus, les pierres précieuses, les esclaves, entre autres.

À cette époque, le roi Manuel I a transféré le palais royal du château de São Jorge, dans un nouveau palais construit alors à côté du Tage, appelé Palais da Ribeira, d’où le roi pouvait voir l’arrivée des caravelles richement chargées de toutes sortes de produits, au port de Lisbonne, dans le quai maritime.

En ce temps-là, de nombreux étrangers ont commencé à vivre à Lisbonne, non seulement des Européens, mais aussi des esclaves et des hommes libres qui servaient des familles nobles.

C’est certainement au cours de cette période que Lisbonne a radicalement changé, devenant l’élément unificateur de l’organisation spatiale de la ville, dont, les limites riveraines vont au-delà du périmètre urbain.

Bien que dans les siècles suivants, XVII et XVIII, Lisbonne a continué vers le Tage, le fleuve n’est plus le centre de la vie urbaine. Avec la croissance au 19ème siècle, des grandes avenues, la ville tourne définitivement le dos à la rivière.

Le Tage est né en Espagne, dans la Sierra de Albarracin, baigne Tolède en Espagne, Abrantes et Santarém déjà sur le territoire national, parcourant une distance de 1007 km, dont 256 km en Portugal. Il se jette dans Lisbonne, maintenant au fil des siècles un liaison très fort entre eux, contribuant à l’évolution de la société lisboète, soit dans un sens urbano-spatial, soit dans un sens social historique et culturel.

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